DL du 15-04-2017 – Le président de la fédération du BTP 73 opposé à la clause Molière


La région Rhône Alpes Auvergne a validé la clause molière, dans le but avoué de lutter contre les travailleurs étrangers non déclarés.

Je n’adhère pas à cette mouvance, cette clause est de mon point de vue utopique. En effet le bâtiment savoyard emploie depuis toujours près de 35% de travailleurs étrangers.
Avec la participation de ces compagnons, la Savoie a pu être dotée de nombreuses infrastructures et nos stations ne seraient pas ce qu’elles sont.
Notre dynamisme économique à l’échelle macroscopique ne serait pas ce qu’il est sans le travail connu et reconnu de ces travailleurs étrangers.

Depuis la crise économique de 2008, les distorsions de prix dans les appels d’offre et la volonté ramollie des donneurs d’ordre public à écarter systématiquement les offres anormalement basses, ont amplifié voire stigmatisé le travailleur détaché. La cause de la clause Molière vient de là et elle touche tous les travailleurs étrangers !

La réalité terrain montre que le coût d’un travailleur étranger déclaré est identique à celui d’un compagnon savoyard.

Affirmer que la clause Molière va permettre d’améliorer la sécurité sur les chantiers, traduit une méconnaissance totale de l’existence du travail de formation et d’information, que dispensent au quotidien nos entreprises (pour ex: en mettant à disposition des traducteurs et des livrets de sécurité adapté à chaque langue.

Aucune statistique n’existe qui démontrerait une augmentation des risques sur nos chantiers qui serait due à un problème de compréhension de la langue française.

Les adhérents de la fédération du BTP Savoie employant depuis toujours cette main d’oeuvre étrangère, toutes origines confondues, sont étonnés et choqués devant l’instauration de cette clause.

Pour nous l’essentiel c’est l’équité pour TOUS nos salariés.

Une clause qui aurait vraiment du sens serait celle qui ferait que les donneurs d’ordre publics écartent définitivement toutes les offres anormalement basses, qui ne profitent qu’aux entreprises hors la loi, avec une main d’oeuvre non déclarée.

Ci-dessous, l’article du Dauphine Libéré du 15 avril 2017 :