Dauphiné Libéré du 16 septembre – AG Fédération du BTP Savoie


Article paru dans le Dauphiné Libéré le SAMEDI 16 SEPTEMBRE 2017

Le secteur du bâtiment veut séduire les jeunes

La Fédération du BTP Savoie tenait son assemblée générale, vendredi 15 septembre.

Une grandmesse qui a réuni près de 150 professionnels du secteur à la Halle olympique d’Albertville. Après avoir partagé le message de soutien de Julien Denormandie, secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion territoriale, le président, René Chevalier, a fait un check-up complet de l’activité en Savoie, et abordé les secteurs d’avenir.

Voici ce qu’il faut retenir.

  1. Les jeunes et la formation : un enjeu majeur

    C’était LE sujet de la rencontre : le manque de main d’oeuvre et la désaffection des jeunes pour les métiers du BTP. « Les CFA se vident », a regretté René Chevalier. « Du coup, qui va construire demain ? » Une vraie question qui met en péril la pérennité de la filière. La solution ? « Aller au contact des jeunes et communiquer autrement », a avancé le président. Une campagne de communication à destination des jeunes va être lancée par la Fédération, via les réseaux sociaux.

  2. Les chantiers à la hausse

    Après des années difficiles, le BTP connaît un sursaut en Savoie. « Ça va mieux en termes de volume », a annoncé René Chevalier. « Le nombre de chantiers est à la hausse. Mais ça reste compliqué au niveau des prix. Ils sont encore trop bas et ne permettent pas encore de dégager des bénéfices. »

  3. LyonTurin

    Pas d’inquiétude René Chevalier s’est voulu plutôt rassurant quant au LyonTurin et à la pause dans le financement des grands chantiers de transports annoncée par Emmanuel Macron. « C’est vrai que le gouvernement souhaite qu’un certain nombre de projets soient gelés. Mais pour moi, le LyonTurin n’est pas un projet mais un chantier. La preuve, il avance actuellement de 10 mètres par jour. » Et le président de s’en remettre aux élus savoyards pour défendre le dossier. « Je crois que nos parlementaires seront sages si d’aventure, le LyonTurin était menacé ».

  4. JO 2024

    Une chance pour le BTP mais attention… René Chevalier s’est réjoui de l’obtention des JO 2024 à Paris. Une bonne nouvelle pour le secteur du BTP au niveau national. Mais le président prévient : « Il ne faut pas que ça mobilise toutes nos entreprises et personnels. Je pense notamment aux LyonTurin. Avec ce flou, les entreprises vont peutêtre préférer se positionner sur Paris. ».

  5. Plan logement

    Attendons de voir… Le gouvernement doit prochainement dévoiler les contours de son plan logement. Si certaines mesures ont déjà fait polémique, René Chevalier temporise. « Je vais l’étudier avec attention avant de porter un jugement ou demander des modifications. »


Travailleurs détachés et clause Molière : la Fédération affirme sa position

La question des travailleurs détachés a longuement été abordée. Le sujet est d’actualité. Une révision de la directive européenne est à l’ordre du jour. Typhanie Degois, députée de la première circonscription de Savoie, qui anime le groupe de travail sur les travailleurs détachés au sein de la Commission des affaires européennes, est venue présenter la position française aux professionnels du BTP. L’occasion aussi, pour la jeune députée, d’annoncer que René Chevalier serait amené à intervenir à l’Assemblée nationale, au sein du groupe de travail. Il faut dire que la Savoie et le secteur du BTP sont plus que concernés par le sujet. « Depuis les années 1950, il y a 35 % de travailleurs étrangers dans le BTP », a rappelé le président. Le président de la Fédération a aussi réaffirmé son refus d’appliquer la clause Molière, qui veut imposer l’usage du français sur les chantiers « Je suis un peu choqué, gêné », a-t-il dit, rappelant « qu’il n’y avait pas plus d’accident quand les personnes ne parlaient pas le français ». Une position partagée par Typhanie Degois, pourtant estampillée La République En Marche : « Je pense aussi que c’est une fausse bonne idée. C’est juste de la “com”, et ça ne règle pas grand chose. Et puis, si on guérit le fond il n’y aura plus besoin d’avoir recours à de telles mesures. »

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