Article du Moniteur : « Les PME savoyardes sont prêtes à répondre aux appels d’offres du Lyon-Turin »


Article paru dans le Moniteur le 21/06/2017

« Les PME savoyardes sont prêtes à répondre aux appels d’offres du Lyon-Turin », René Chevalier, président de la FBTP 73

Tunnel euralpin Lyon-Turin (TELT) détaille ce mercredi à Lyon, les 81 appels d’offres pour la construction de l’ouvrage ferroviaire. Le montant cumulé des marchés atteint 5,5 milliards d’euros. Le maître d’ouvrage souhaite que les PME locales puissent concourir. Un message entendu par le président de la FBTP 73.

Ce mercredi 21 juin, le monde du BTP a rendez-vous à l’Hôtel de Région, à Lyon. Tunnel euralpin Lyon-Turin (Telt), maître d’ouvrage du tunnel ferroviaire, long de 57,5 km, va présenter les 81 appels d’offres répartis en 12 lots, aux entreprises françaises, comme il l’avait fait le 22 mai à Turin. Le Telt promet aux PME locales un accès direct à une partie de ces 81 marchés, lancés à partir de cet automne. Leur montant cumulé atteint 5,5 milliards d’euros. En Savoie, le secteur du BTP est confiant, annonce René Chevalier, président de la Fédération BTP 73.

Certaines entreprises locales craignent que les ETI et majors absorbent tous les chantiers. Quelle est votre position ?

Chaque année, à la fédération, nous organisons des sessions avec tous les maîtres d’ouvrage ayant des chantiers en Savoie pour présenter aux entreprises les futurs appels d’offres. Nous suivons le dossier du Lyon-Turin depuis une quinzaine d’années. Nous échangeons beaucoup avec le maître d’ouvrage, Telt, et lui avons demandé d’être très attentif dans sa réflexion sur les appels d’offres, afin que les marchés soient accessibles directement aux entreprises locales et régionales. Les PME savoyardes ne découvrent donc pas le Lyon-Turin, elles savent à quoi s’attendre et sont prêtes à répondre aux appels d’offres, dans la mesure du possible. Ce n’est peut-être pas tout à fait le cas hors du département de la Savoie. Mais pourquoi les PME passeraient-elles à côté de ces opportunités, alors que certains appels d’offres sont calibrés pour des entreprises locales ?

Mais toutes les PME ne pourront y prétendre ?

Il faut effectivement qu’elles aient une taille critique. Hors TPE, une entreprise peut très bien absorber ce chantier en direct, tout en assurant d’autres marchés. Les acteurs peuvent aussi se regrouper pour prendre des lots, comme ceux à 5 millions d’euros, à 2 ou 3 (voir infographie ci-dessous). Les plus petits ont la possibilité d’être sous-traitants pour les entreprises locales, les ETI ou les majors.

« Nous avons connu l’effervescence des chantiers de Jeux olympiques d’hiver de 1992, à Albertville »

Quelles perspectives offrent ces marchés au BTP savoyard ?

Nos entreprises pourront prétendre, à mon avis, à 30 millions d’euros de travaux par an, ces dix prochaines années, sans les retombées locales. Ce qui gonflerait le chiffre d’affaires de 20% en Savoie. C’est un beau chantier qui soutiendra l’activité au fil de l’eau, alors même qu’elle redémarre doucement, de façon générale. Nous avons connu l’effervescence des chantiers de Jeux olympiques d’hiver de 1992, à Albertville, avec une surchauffe de l’activité pendant trois ans. Cette fois, la promesse s’étend sur une vingtaine d’année, entre la construction du tunnel et les chantiers annexes. Il faut cependant prendre garde à la gestion de la main d’œuvre locale, car le Lyon-Turin en absorbera beaucoup.

« Le secteur doit être attentif à toujours avoir de la main d’œuvre disponible pour remplacer les salariés attirés par le Lyon-Turin »

Craignez-vous une pénurie de main d’œuvre ?

Plutôt une tension qui se fait déjà sentir dans certaines entreprises. L’une d’elles employait 6 compagnons, 3 sont partis sur le chantier, ce qui lui fait perdre la moitié de son chiffre d’affaires. Le secteur doit être attentif à toujours avoir de la main d’œuvre disponible pour remplacer les salariés attirés par le Lyon-Turin, pour ne pas pénaliser les autres marchés. Cette problématique concerne tous les métiers, dans les travaux publics comme dans le bâtiment. Car le Lyon-Turin mobilisera au plus fort du chantier entre 3000 et 4000 personnes, alors que le BTP en Savoie emploie 12 000 salariés.

Le Lyon-Turin nourrit par ailleurs de nombreuses oppositions, venant de la sphère politique comme d’organisations environnementales. Est-ce une source d’inquiétude ?

Le chantier est vital pour l’économie locale, nationale et européenne. Il a déjà démarré avec les travaux préparatoires. Les appels d’offres seront lancés à partir de cet automne. Il me semble impossible de l’arrêter désormais. Prétendre le contraire est un fantasme.

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